Un article de Tornado, Casablanca Maroc, nouveau contributeur SouCapoeira!

A 6 heures du matin, je décide de déclarermundial_capoeira_muzenza forfait pour le championnat (…) Mais, à 7h du matin, je suis prêt au combat ! Dopé aux antibiotiques, 2 cachets de supradyne boost au guarana + une cuillère de véritable guarana en poudre et un humex en comprimé bourré de caféine !
Moi qui ai un corps hyper réceptif, dans la mesure où je ne bois pas d’alcool et ne fume pas, je peux vous dire que je sais à présent ce que c’est que de se transformer en super saiyen !

Heureusement qu’il n’y a pas de test anti dopage… j’aurais gagné directement la médaille (un ruban avec une seringue en guise de trophée). Sérieusement, j étais tellement remonté et sous médocs que si un moustique me piquait il aurait risqué de faire s’écrouler un building en fonçant dessus (humour afghan).

Arrivée sur le site de compétition, je préviens Paraa : « t’as déjà vu quelqu’un gagner en gerbant sur son adversaire ? Tu as déjà vu un capoeiriste perdre conscience en plein au sem mao ? Non ? Alors surveille-moi BIEN ! Car je suis certain qu’il va se passer des choses louches, mais une chose est certaine (thème de Braveheart en fond) : je ne déclarerai JAMAIS forfait et je me battrai JUSQU’AU BOUT, PORRA ! »

© Tornado

© Tornado

Arrive finalement le tour ma nouvelle catégorie ! Car oui, ayant changé de grade, je change également de catégorie. En plus, je suis le 1er appelé à passer. Tant mieux, tant que les médicaments font encore effet !
Satisfait de mes 2 jeux de São Bento Pequeno. Propre, quelques passages… Un petit malaise quand j’ai tourné sur la tête, mais je pense que personne na rien vu. Et garder la tête à l’envers me fait un drôle d’effet… Pas grave ! Je kiffe à mort, et la batterie est juste TERRIBLE !

Pas étonnant avec la vingtaine de maitres extérieurs (sans compter ceux de Muzenza) qui participent à l’événement, dont le très célèbre Mão Branca de Capoeira Gerais. A la batterie s’enchainent donc les « CD » (avec chanteurs originaux) de toutes mes chansons préférées, tout autant de Muzenza que d’autres albums. L’axé est TOTAL !

On arrive aux jeux de São Bento Grande Da Regional. Les choses sérieuses commencent. J’applique le style de jeu de mon maitre : quebra, pendulo, des coups de pieds et des esquives, quelques déplacements et j’attends de créer une opportunité pour faire chuter l’autre. Le niveau est très bon ! Je ne peux compter que sur ma tesoura, rien d’autre ! Un autre mouvement déséquilibrant, si je le tente, pourrait se retourner contre moi…

Et tout à coup,  après un ou 2 coups de pieds, le pire se produit ! Une grosse chute de tension, je ne vois et n’entend plus rien ! Ça n’a duré que quelques secondes tout au plus, mais mon cœur s’emballe, je retrouve la vue, l’autre est dans ma distance de sécurité ! Je me sens en danger ! Du coup je lui décoche par réflexe une grosse escala dont le son claque et fait écho ! Je ne réalise mon erreur qu’après coup, m’empressant de m’excuser auprès de mon partenaire de jeu!

L’arbitre, Professeur Anao, arrête le jeu, s’entretient avec les juges, et me décoche un carton jaune. Je peux lire dans son regard de l’incompréhension et de la déception car étant un ami je savais que j’avais son soutien. A-t-il été impartial ? Je ne pense pas. Je pense qu’il à plutôt été sympa. Mon geste était tout sauf sportif. Cela méritait un carton rouge. Il a vraiment été cool !

Lors de mon second jeu de SBG, je tombe sur Lesma, un élève d’Anao. S’agissant de mon dernier jeu, et appréciant particulièrement ce gars, je prends la confiance et joue un peu plus engagé. Mais après un coup sauté (un coup de pied sauté, une roue sans les mains, je ne m’en souviens pas vraiment) re-chute de tension !! Retour de conscience, Lesma est sur moi et entame sa vingativa ! Je transforme en tesoura par pur réflexe et tente de maintenir la position le plus longtemps possible, le temps de retrouver mes esprits.

Mon dernier jeu terminé, j’étais très loin de me douter de la chance que j’avais eu ! Car les 15 minutes qui allaient suivre allaient marquer à jamais l’histoire du mondial. Est-ce un hasard que tout cela commence quand Anao se retire de l’arbitrage de notre catégorie et est remplacé par un autre ?Il nous avait pourtant prévenus que ce n’était pas un combat de muaythai ! Qu’à notre grade, il fallait faire preuve de technique irréprochable et sans aucune agressivité.

Comment tout cela est il donc arrivé ? Cela a-t-il un rapport avec le fait que ma nouvelle catégorie soit la 1ère à partir de laquelle on gagne un Price Money (de l’argent) et non pas des lots (t-shirts etc.)?
Un jeu démarre, première chute ! Le participant ne se relève pas et se tord de douleur. On parle d’épaule déboitée. Le jeu et participants suivants, une vingativa tourne mal, j’entends parler de côte cassée et éventuellement de poumon perforé, pas plus de détails, les 2 participants blessés sont évacués.

A ce moment là, assis dans la mini roda de ma catégorie, j’ai les yeux fixés sur le 2ème blessé en train d’être évacué quand un 3ème jeu démarre, et d’un coup tout le monde hurle. Je me retourne et voit avec horreur un des participant au sol, son pied totalement orienté dans le sens opposé (fracture ouverte de la cheville), se tordant de douleur. 3 jeux d’affilée ( 6 joueurs), 3 blessures graves !

Finalement, toute notre catégorie est expédiée, nous n’avons même pas eu droit au traditionnel « check » en roda et passage devant le public, comme le font toutes les catégories en fin de passage.
Je me sens particulièrement chanceux !! Car cette hécatombe a commencé à peine quelques minutes après mon dernier passage. J’ai vraiment l’impression d’avoir échappé à quelque chose.

Au final, pas de podium pour moi au terme de cette compétition.
A cause de la maladie ? A cause du carton jaune ? Il est évident que j’avais un énorme handicap, mais non, le niveau était tout simplement énorme ! Je sais reconnaitre quand je n’ai PAS le niveau ! Tout autant que je sais me mettre à niveau. Il est évident que pour moi, au prochain mondial, la tête du podium porte déjà mon nom !!!

J’ai tout de même été extrêmement touché quand de nombreux maitres et professeurs sont venus me féliciter pour mes jeux ensuite.
Très franchement, je préfère de très loin m’épanouir ou expérimenter une catégorie supérieure et obtenir sa reconnaissance que de gagner facilement un podium d’une catégorie inférieure.

© Tornado

© Tornado

En conclusion : 4 jours exceptionnels, beaucoup d’énergie, une grande leçon d’humilité et de motivation : le niveau brésilien est VRAIMENT exceptionnel dans sa progression! Beaucoup d’émotion aussi que de retrouver tous ces (nombreux) professeurs qui m’aident régulièrement dans le développement de la capoeira au Maroc.

Une énorme fierté également d’être l’unique représentant officiel de mon pays à cet événement mondial, et de voir mon drapeau (rapporté avec soin dans mes bagages ;)) flotter parmi ceux des pays participants. De nombreuses nouvelles rencontres extrêmement enrichissantes !!! Al hamdou lillah ! ​​

A présent, l’aventure brésilienne continue ! Il est temps pour moi d’aller assouvir mes autres passions d’aventure et de sports extrêmes. Next step : RIO !! L’aventure continue, insha allah.

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Caipora

Caipora Prononciation portugaise: [kajˈpɔɾɐ] est une entité de la mythologie TupiGuarani au Brésil . Le mot « Caipora » vient du tupi et signifie « habitant de la forêt ».

Il est représenté comme un petit Indien à la peau foncée, nu avec une très longue crinière noire, fumant un cigare et très malicieux. Parfois, Caipora est décrit comme une fille et d’autres fois comme un garçon. La représentation de la créature varie selon les régions du Brésil et est parfois confondue avec Curupira , une autre créature mythologique qui protège la forêt. Curupira est souvent décrit comme un garçon aux cheveux roux, qui a les pieds en arrière pour tromper les traqueurs.

Dans certaines régions, les tribus indigènes pensaient que les Caipora avaient peur de la lumière. Pour cette raison, ils se promenaient dans la forêt en se protégeant avec des braises. [1] Certains disent qu’il monte un bon pécari avec un bâton. Dans certaines autres régions du Brésil, le Caipora est considéré comme un cannibale et peut manger n’importe quoi, même les plus petits insectes.

Le Caipora est connu comme un habitant de la forêt, un roi des animaux, et est très vengeur des chasseurs qui ne respectent pas les règles du « fair-play » lors de la chasse. On raconte que cela effraie les proies et « cache » les traces d’animaux ou fait fuir les chasseurs dans la jungle. Il désoriente les chasseurs en simulant des bruits d’animaux et en laissant de fausses pistes.

Selon une croyance populaire, son activité s’intensifie les jours où la chasse n’est pas censée avoir lieu, donc les vendredis, les dimanches et les jours de culte. Les croyances religieuses interdisaient de chasser certains jours, mais certains ont prétendu pouvoir tromper le protecteur de la forêt. On sait que le Caipora aime la fumée, alors le jeudi soir, les chasseurs laissaient la fumée près du tronc d’un arbre et disaient «Toma, Caipora, deixa eu ir embora» [2] [3] (qui signifie «voilà») Caipora, laisse-moi partir « en portugais). La chance des chasseurs est également due aux dons de propitiatoire qui ont été offerts à la créature.

La Caipora , également appelée  » Caipora do Mato « , est une figure du folklore brésilien, considérée comme la protectrice des animaux et la gardienne des forêts.

Notez qu’il peut être représenté par un homme ou une femme. Cela varie en fonction de la région dans laquelle la légende est rapportée.

Son origine est dans la mythologie autochtone Tupi-Guarani. Du tupi, le mot « caipora » ( caapora ) signifie « habitant de la brousse ».

Quand elle sent qu’un chasseur entre dans la forêt avec l’intention d’abattre des animaux, elle laisse échapper des hurlements et des cris pour effrayer ces hommes.

Son intention est de prendre soin de ces animaux et de protéger l’environnement. La légende dit que leur force est plus grande les jours saints et les week-ends.

Le saviez-vous?

Dans le nord et le nord-est du pays, où cette légende a plus de représentation, ils utilisent ce terme pour dire que quelqu’un est malchanceux et malheureux.

Caractéristiques principales de Caipora

 

Caipora est un Indien nain, aux cheveux roux et aux oreilles pointues. Il existe des versions dans lesquelles votre corps est tout rouge et dans d’autres, vert.

Elle vit nue dans les forêts et a le pouvoir de dominer et de ressusciter les animaux. Son objectif principal est de défendre l’écosystème et donc de fabriquer des pièges et de semer la confusion parmi les chasseurs.

Par divers bruits, il distrait les chasseurs en leur offrant de fausses pistes jusqu’à ce qu’ils se perdent dans la forêt.

 

Légende de la caipora

Monté sur un cochon sauvage, le dais se promène nu dans la forêt et domine tous les animaux.

Selon la légende, il attaque les chasseurs qui ne respectent pas les accords de chasse conclus avec lui. Comme Curupira, dont il a la parenté, sa mission est de protéger les animaux de la forêt.

Manière d’agir

Selon la légende, le Caipora est la terreur des chasseurs qui chassent au-delà des besoins.

Le Caipora utilise toutes ses connaissances de la vie en forêt pour fabriquer des pièges pour les chasseurs, détruire leurs armes et frapper les chiens de chasse. La canopée effraie les chasseurs en reproduisant les sons de la forêt et modifie les sentiers pour que les chasseurs se perdent dans la forêt.

La légende raconte que les dimanches, vendredis et jours saints, le Caipora agit plus fortement et plus intensément.

Une façon d’échapper à l’action du Caipora est de vous offrir de la fumée de corde et d’autres cadeaux, qui devraient être laissés près du tronc d’un arbre, de préférence un jeudi. Même dans ce cas, rien ne garantit que le Caipora n’agira pas, car ils disent que cela peut être perfide.

Usages du mot « Caipora » et de ses dérivés

Dans le nord-est du Brésil, on dit qu’être Caipora signifie que vous traversez des moments difficiles, avec malchance et malchance.

Certains écrivains brésiliens, parmi lesquels Machado de Assis et Aluísio de Azevedo , ont utilisé les mots « Caipora » et « Caiporism » pour identifier un état de malheur.

Le mot « Caipora » a également été utilisé pour décrire les esclaves qui s’étaient échappés dans les forêts. [6]

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Entretien avec Peter BROOK par Claude CHALANGUIER Espace de recherche, Vie artistique et culturelle Université Lumière Lyon 2 Reliance n°10 juin 2003Entretien avec Peter BROOK par Claude CHALANGUIER Espace de recherche, Vie artistique et culturelle Université Lumière Lyon 2 Reliance n°10 juin 2003

© GAILLARDET Rosalie
“ Chez eux, je perçois avec émotion l’urgence du geste, l’importance du temps, du son, de la couleur, et par-dessus tout, les interrogations entre le dedans et le dehors, entre l’évidence des corps et la parole incertaine”

Dans le cadre de ma formation d’Educatrice spécialisée, je suis amenée à rédiger un mémoire pratique. Ce projet répond à mes missions en tant que travailleuse sociale, à savoir favoriser l’épanouissement, la progression et l’autonomie des personnes accompagnées.

j’ai eu la chance de pouvoir utiliser ma passion comme outil au sein de mon travail.  Je dois dire que les structures ont été ouvertes à cette proposition un peu décalée, ce qui a été une grande source de joie et d’envie pour moi, que j’espère avoir transmis aux équipes avec qui j’ai travaillé et bien sûr aux usagers.

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