Rencontre avec Vanyda (Lille), capoeirista et auteure de BD.

Rencontre avec Vanyda (Lille), capoeirista et auteure de BD.

Peux-tu te présenter ?

Je n’ai pas d’apelido malgré mes années de capoeira. Vanyda est mon vrai prénom, d’origine laotienne, j’ai 36 ans, j’habite à Lille. J’ai commencé la capoeira en 2003 avec Mestre Jota Jota du Groupe

Rencontre avec Vanyda
© Vanyda

Naçao Palmares Capoeira, puis j’ai changé de groupe en 2007 pour rejoindre Sul Da Bahia, avec Professeur Stagiaire Kunta Kinte, Instructeur Aliou (parti en Guyane depuis) et Moniteur Pica Pau, le tout supervisé par Mestre Maxuel de Sul Da Bahia à Paris. Je suis élève gradée (4ème corde).

Depuis combien de temps fais-tu de la bd ?
J’ai commencé la Bd toute jeune (à l’âge de 6 ans), mais je publie de façon professionnelle depuis 2003 après des études aux Beaux-Arts de Tournai (Belgique).
J’ai à ce jour une grosse dizaine de bandes dessinées à mon actif qui racontent essentiellement des tranches de vie :
-ma série « L’immeuble d’en Face » raconte le quotidien des habitants d’une même immeuble,

Rencontre avec Vanyda
© Vanyda

-ma série « Celle que… », le quotidien d’une collégienne très timide.
-ma dernière Bd « Entre ici et ailleurs » raconte le parcours de Coralie, une jeune femme métisse asiatique qui vient de se faire larguer et qui commence la capoeira, un peu pour se changer les idées. Finalement, grâce à ce sport, elle fera des rencontres importantes qui lui permettront de mieux comprendre qui elle est, de retrouver ses racines, et d’avancer dans la vie.
Est-ce une Bd autobiographique ?
Disons que c’est une auto-fiction : je me suis servie de mon vécu pour raconter une fiction.
Comme le personnage Coralie, je suis métisse asiatique, je fais de la capoeira dans un groupe avec lequel j’ai beaucoup échangé sur les origines, j’ai un frère qui ressemble assez à celui de Coralie (mais moi, j’ai aussi une sœur), et j’ai vraiment fait un voyage en Algérie avec un copain de la capoeira.
Pour le reste, la vie sentimentale et professionnelle de Coralie ne ressemble pas du tout à la mienne.

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© Vanyda

Et le parcours que Coralie fait en 1 an pour être à l’aise avec ses origines, moi je l’ai fait en plus de 10 !

Pourquoi ce choix de sport ?

Qu’est-ce que la capoeira t’apporte dans la vie ?

J’ai découvert ce sport, comme mon personnage dans la bd, en jouant à Tekken 3 avec mon frère quand j’avais 17 ans via le personnage de Eddy Gordo. Il m’a fallu ensuite plusieurs années avant de faire le pas et de m’inscrire dans un club. Ce qui m’a attirée, c’est le fait qu’il y ait du combat mais aussi des acrobaties. Plus jeune j’ai fait de la gymnastique et j’avais envie de ça !
Par contre, je me suis longtemps demandée comment ça se faisait que parmi tous les arts martiaux, qui sont majoritairement asiatiques, j’en avais choisi un qui ne l’était pas, et en plus où il fallait chanter !!(je chante comme une casserole).
Peut-être est-ce que côté moins rigide qu’un sport asiatique ?

L’énergie et le fun qu’il y a dans une roda de Capoeira, je ne suis pas sûre qu’il y ait ça ailleurs ! J’aime beaucoup le fait qu’il n’y ai de de « gagnant » ou de « perdant », qu’on ne compte pas les points, le jeu est vraiment un dialogue corporel.

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© Vanyda

En plus j’ai trouvé beaucoup de résonance chez les pratiquants de capoeira pour comprendre ma propre histoire je pense que j’ai appris bien plus sur moi et mes origines avec ce sport brésilien. Je ne suis pas d’origine africaine, ni d’Amérique du sud et mes ancêtres n’ont pas été esclaves dans des plantations. Pourtant à chaque fois que je chante un chant de capoeira me rappelle de mes ancêtres et d’où je viens. C’est très puissant !
Par contre je ne suis toujours pas allée au Brésil. Car à chaque fois que j’envisage un voyage là-bas, finalement je vais Laos. ! Ha, ha !

En tout cas, la Capoeira m’a apporté beaucoup de confiance en moi et m’a permis de mieux « habiter » mon corps. Quand je dessine, je suis toute la journée assise sur une chaise, la capoeira me fait un bien fou pour palier à cette longue position statique.
A cause de mon métier, je ne fais pas souvent de stages et je me déplace rarement pour des événements de capoeira (le week-end je suis souvent en festival Bd pour dédicacer). Mais il y a 3 ans, j’avais justement arrêter les dédicaces pendant 1an pour faire plus de

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capoeira, je suis allée en Suisse, en Italie (à Milan), à Paris aussi, rencontrer d’autres capoeiristes, d’autres groupes, dans d’autres lieux, c’était vraiment une super expérience !

Les scènes de capoeira étaient-elles facile pour vous à dessiner ?

Mes bds ne sont pas vraiment ce qu’on peut appeler des « Bds d’action », du coup mettre en scène les mouvements de capoeira n’a pas été si facile. C’est très différent de pratiquer un sport et de le dessiner. Après toutes ses années à faire des meia lua, j’ai quand

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© Vanyda

même dû aller chercher de la documentation pour en dessiner une!
J’aurai aimé dessiner de plus longues scènes de jeu, mais j’avais une pagination limitée pour mon histoire, j’ai dû faire des choix.
Peut-être plus tard, je ferai une bd vraiment centrée sur la capoeira, qui sait !

Plus d’infos: L’article original sur http://vanyda.fr .

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