Un article de Maritaca. Nouvelle contributrice SOUCAPOEIRA!

J’ai passé en Syrie l’une des périodes les plus heureuses de ma vie, faite de cours d’Arabe à l’Université de Damas, longues conversations autour d’un thé dans le souk et découverte de la capoeira : à l’époque notre groupe était très actif dans le social et nous organisions des entraînements gratuits pour les enfants des communautés de réfugiés palestiniens et irakiens.

Capoeira à Damas en 2008

Syriens et étrangers, surtout étudiants, s’entrainent ensemble au Barada Club.

Aujourd’hui, ce groupe n’existe plus, nous sommes tous répartis dans le monde, mais les réseaux sociaux nous permettent toujours de rester en contact ; c’est justement sur un réseau social qu’il y a quelques semaines j’ai reçu un message de l’un de mes amis syriens qui me demande si je connais une entreprise qui peut expédier des berimbaus et un atabaque à Damas, ou au pire à Beyrouth. Malheureusement je n’ai pas pu l’aider, mais il avait un contact qui semblait fiable, donc il y a quelques jours je lui ai écrit à nouveau pour savoir s’il avait réussi à obtenir ses instruments. Sa réponse était : « Non, j’ai avorté la mission, ils sont tous partis ». Guerrero, c’est son apelido, est apparemment le dernier capoeiriste qui reste à Damas. Je crois que ce serait intéressant de partager une partie de son histoire avec les lecteurs de SouCapoeira. Voici une courte entrevue.

T’es originaire d’où ? Tu vis où à présent et combien de temps as-tu vécu là?

Je suis originaire de Damas, en Syrie. Je vis à Damas et j’ai vécu ici la plupart de ma vie depuis que je suis né en 1980.

Quel est ton travail?

Je suis médecin.

Où as-tu commencé la capoeira et pourquoi?

J’ai commencé il y a 10 ans quand j’étais en Master au Japon, à l’âge de 25 ans. Le jour où je suis arrivé au dortoir, il y avait un Espagnol dans l’arrière-cour qui s’entrainait dans ce sport que je ne connaissais qu’à travers les jeux vidéos, mais que j’espérais pouvoir apprendre un jour parce que je suis passionné de sport, arts martiaux en particulier. J’ai tout de suite commencé à parler avec ce garçon et je lui ai montré les coups de pieds de base que j’avais appris au taekwondo ; de son coté, il m’a expliqué des choses à propos de la capoeira et il m’a montré quelques mouvements. Il m’a après invité à rejoindre les classes régulières de son groupe et, bien sûr, je l’ai fait immédiatement.

Capoeira à Damas en 2011:

Photo de groupe après une démo dans une église du quartier
de Bab Sharki.

Qui t’a donné ton apelido?

Au fait j’en ai deux : Guerrero et Boa Terra. Le premier m’a été donné à Chiba, au Japon, pendant mon Batizado avec mon premier groupe, Expressão & Arte. Le deuxième vient de Mestre Ryck, rencontré à Bahia. Normalement j’utilise Guerrero, même si je ne me vois pas comme un guerrier !

Donc t’as été au Brésil ?

Oui, je suis allé au Brésil en 2011 et je me suis rendu à Bahia. Je suis tellement content d’avoir fait ce voyage !

Est-ce que tu continues à pratiquer la capoeira?

Je pratique la capoeira depuis maintenant 10 ans, mais dans les trois dernières années je ne me suis pas entraîné régulièrement. Aujourd’hui, à cause de la crise en Syrie, tous mes amis capoeiristes ont quitté le pays, donc je peux juste essayer de pratiquer tout seul de temps en temps, mais ce n’est pas la même chose qu’avant, la bonne énergie est perdue.

Qui est le professeur ou maître qui a eu plus d’impact sur toi ?

Sans aucun doute Professor Neguinho du groupe Capoeira Marana au Japon. C’est le professeur avec qui je me suis entraîné le plus longtemps, il m’a énormément influencé.

Capoeira à Damas en 2012:

Encore au Barada Club. La plupart des gens ont déjà quitté le
pays.

Est-ce que tu peux partager avec nous ton meilleur souvenir concernant la capoeira et le pire?

Mon meilleur souvenir remonte à la période juste après l’explosion de la crise en Syrie, quand tous nos professeurs sont partis et mes amis et moi avons lutté ensemble pour continuer les entraînements ; nous donnions les cours et gardions le feu allumé. Nous avons réussi à créer un nouvel élan et j’ai commencé à avoir mes propres élèves. C’était une sensation incroyable, on était une famille. Le pire arrive maintenant, quand parfois je deviens nostalgique, donc je prends le dernier berimbau qui me reste, avec sa cabaça cassée, et je réalise que je ne peux pas retrouver le même sentiment qu’avant. Je le pose et je me sens frustré.

Comment te vois-tu d’ici un an ?

Je suis plutôt inquiet à propos de la situation actuelle, cependant j’espère pouvoir voyager, mais je n’ai pas encore de projet concret.

Vous avez aimé cet article? N’hésitez pas à le partager!
N’oubliez pas de liker SouCapoeira sur facebook et de nous suivre sur twitter!

Related posts
Capoeira en France !Les petites histoiresLifestyleSocio-anthropologie

Caipora

Caipora Prononciation portugaise: [kajˈpɔɾɐ] est une entité de la mythologie TupiGuarani au Brésil . Le mot « Caipora » vient du tupi et signifie « habitant de la forêt ».

Il est représenté comme un petit Indien à la peau foncée, nu avec une très longue crinière noire, fumant un cigare et très malicieux. Parfois, Caipora est décrit comme une fille et d’autres fois comme un garçon. La représentation de la créature varie selon les régions du Brésil et est parfois confondue avec Curupira , une autre créature mythologique qui protège la forêt. Curupira est souvent décrit comme un garçon aux cheveux roux, qui a les pieds en arrière pour tromper les traqueurs.

Dans certaines régions, les tribus indigènes pensaient que les Caipora avaient peur de la lumière. Pour cette raison, ils se promenaient dans la forêt en se protégeant avec des braises. [1] Certains disent qu’il monte un bon pécari avec un bâton. Dans certaines autres régions du Brésil, le Caipora est considéré comme un cannibale et peut manger n’importe quoi, même les plus petits insectes.

Le Caipora est connu comme un habitant de la forêt, un roi des animaux, et est très vengeur des chasseurs qui ne respectent pas les règles du « fair-play » lors de la chasse. On raconte que cela effraie les proies et « cache » les traces d’animaux ou fait fuir les chasseurs dans la jungle. Il désoriente les chasseurs en simulant des bruits d’animaux et en laissant de fausses pistes.

Selon une croyance populaire, son activité s’intensifie les jours où la chasse n’est pas censée avoir lieu, donc les vendredis, les dimanches et les jours de culte. Les croyances religieuses interdisaient de chasser certains jours, mais certains ont prétendu pouvoir tromper le protecteur de la forêt. On sait que le Caipora aime la fumée, alors le jeudi soir, les chasseurs laissaient la fumée près du tronc d’un arbre et disaient «Toma, Caipora, deixa eu ir embora» [2] [3] (qui signifie «voilà») Caipora, laisse-moi partir « en portugais). La chance des chasseurs est également due aux dons de propitiatoire qui ont été offerts à la créature.

La Caipora , également appelée  » Caipora do Mato « , est une figure du folklore brésilien, considérée comme la protectrice des animaux et la gardienne des forêts.

Notez qu’il peut être représenté par un homme ou une femme. Cela varie en fonction de la région dans laquelle la légende est rapportée.

Son origine est dans la mythologie autochtone Tupi-Guarani. Du tupi, le mot « caipora » ( caapora ) signifie « habitant de la brousse ».

Quand elle sent qu’un chasseur entre dans la forêt avec l’intention d’abattre des animaux, elle laisse échapper des hurlements et des cris pour effrayer ces hommes.

Son intention est de prendre soin de ces animaux et de protéger l’environnement. La légende dit que leur force est plus grande les jours saints et les week-ends.

Le saviez-vous?

Dans le nord et le nord-est du pays, où cette légende a plus de représentation, ils utilisent ce terme pour dire que quelqu’un est malchanceux et malheureux.

Caractéristiques principales de Caipora

 

Caipora est un Indien nain, aux cheveux roux et aux oreilles pointues. Il existe des versions dans lesquelles votre corps est tout rouge et dans d’autres, vert.

Elle vit nue dans les forêts et a le pouvoir de dominer et de ressusciter les animaux. Son objectif principal est de défendre l’écosystème et donc de fabriquer des pièges et de semer la confusion parmi les chasseurs.

Par divers bruits, il distrait les chasseurs en leur offrant de fausses pistes jusqu’à ce qu’ils se perdent dans la forêt.

 

Légende de la caipora

Monté sur un cochon sauvage, le dais se promène nu dans la forêt et domine tous les animaux.

Selon la légende, il attaque les chasseurs qui ne respectent pas les accords de chasse conclus avec lui. Comme Curupira, dont il a la parenté, sa mission est de protéger les animaux de la forêt.

Manière d’agir

Selon la légende, le Caipora est la terreur des chasseurs qui chassent au-delà des besoins.

Le Caipora utilise toutes ses connaissances de la vie en forêt pour fabriquer des pièges pour les chasseurs, détruire leurs armes et frapper les chiens de chasse. La canopée effraie les chasseurs en reproduisant les sons de la forêt et modifie les sentiers pour que les chasseurs se perdent dans la forêt.

La légende raconte que les dimanches, vendredis et jours saints, le Caipora agit plus fortement et plus intensément.

Une façon d’échapper à l’action du Caipora est de vous offrir de la fumée de corde et d’autres cadeaux, qui devraient être laissés près du tronc d’un arbre, de préférence un jeudi. Même dans ce cas, rien ne garantit que le Caipora n’agira pas, car ils disent que cela peut être perfide.

Usages du mot « Caipora » et de ses dérivés

Dans le nord-est du Brésil, on dit qu’être Caipora signifie que vous traversez des moments difficiles, avec malchance et malchance.

Certains écrivains brésiliens, parmi lesquels Machado de Assis et Aluísio de Azevedo , ont utilisé les mots « Caipora » et « Caiporism » pour identifier un état de malheur.

Le mot « Caipora » a également été utilisé pour décrire les esclaves qui s’étaient échappés dans les forêts. [6]

Lire
Capoeira en France !Socio-anthropologie

CAPOEIRA PARA TODOS "Abdoulaye" Episode 1

Un article de Rosalie, Paris. Contributrice SOU CAPOEIRA!

Abdoulaye et la capoeira

Entretien avec Peter BROOK par Claude CHALANGUIER Espace de recherche, Vie artistique et culturelle Université Lumière Lyon 2 Reliance n°10 juin 2003Entretien avec Peter BROOK par Claude CHALANGUIER Espace de recherche, Vie artistique et culturelle Université Lumière Lyon 2 Reliance n°10 juin 2003

© GAILLARDET Rosalie
“ Chez eux, je perçois avec émotion l’urgence du geste, l’importance du temps, du son, de la couleur, et par-dessus tout, les interrogations entre le dedans et le dehors, entre l’évidence des corps et la parole incertaine”

Dans le cadre de ma formation d’Educatrice spécialisée, je suis amenée à rédiger un mémoire pratique. Ce projet répond à mes missions en tant que travailleuse sociale, à savoir favoriser l’épanouissement, la progression et l’autonomie des personnes accompagnées.

j’ai eu la chance de pouvoir utiliser ma passion comme outil au sein de mon travail.  Je dois dire que les structures ont été ouvertes à cette proposition un peu décalée, ce qui a été une grande source de joie et d’envie pour moi, que j’espère avoir transmis aux équipes avec qui j’ai travaillé et bien sûr aux usagers.

Dans ce cadre la je vais vous parler de ma rencontre avec « Abdoulaye »

Lire
Capoeira en France !F.F.C

"le breakdance entre aux JO... Quid de la capoeira"

Un article de Mandacaru, Paris. Contributeur SOU CAPOEIRA!

Le breakdance entre aux Jeux Olympiques… Quid de la capoeira ?

Le Comité International Olympique situé à Genève, en Suisse, vient de valider l’entrée de 4 nouveaux sports

© Comité international olympique

(breakdance, surf, escalade, skateboard) aux jeux olympiques en 2024 dans une volonté de mettre en valeur les sports urbains pour s’adapter à un public jeune, avec toutefois la possibilité d’enlever un sport après les JO de Tokyo 2020, mais pas d’en rajouter.

Lire
Newsletter
Become a Trendsetter
Sign up for Davenport’s Daily Digest and get the best of Davenport, tailored for you.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.