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La Capoeira et Le Jiu-jitsu Brésilien: témoignages

Un article de Natália Dias FIU et Maça Verde  contributrices Sou Capoeira avec la participation de lipstickcapoeira.com .

Depuis un moment, de nombreux capoeiristas ont une nouvelle passion: lejiu-jitsu brésilien (JJB ou BJJ).

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© Sou Capoeira

Nous vous avons parlé des origines de cet art, et de quoi il s’agit… Nous sommes ensuite allés demandé à certains capoeiristes ce qui les attire dans le JJB, comment ils concilient cette pratique avec la capoeira, et ce qu’ils pensent du « capo-jitsu », « à la mode » depuis quelques années.

 Parlez-nous de votre autre passion?

Maça Verde: J’ai arrêté la capoeira pendant 2 ans pour des raisons personnelles, je me suis alors essayé à la boxe pendant 1 an, au Jeet kune do, et j’ai rencontré le JJB qui a été une révélation. C’est un sport totalement différent mais complémentaire sur certaines postures en capoeira, car la capoeira à la base a été faite pour apprendre aux esclaves à se défendre.

maça verde

© maça verde

Certains jeux sont assez virulents, voire violents, il faut apprendre à gérer et s’entraîner pour ces jeux là aussi. La capoeira n’est pas seulement de la danse, ou des coups de pieds ou des esquives et acrobaties, c’est un vrai sport de combat. Le JJB m’apporte énormément à ce niveau là. Souvent des deux cotés les gens me demandent : « mais tu préfères quoi en fait? la capoeira ou le JJB? » Je leur répond simplement :  « c’est comme me demander si je préfère ma mère ou mon père.. »

Natália Dias FIU : J’ai commencé le jiu jitsu en octobre 2014 quand mon époux a ouvert son académie au Centre de São Paulo, j’étais alors en pleine crise professionnelle. L’ouverture de l’académie a été pour moi une chance de faire quelque chose qui me rendait heureuse.

© Sou Capoeira

© Sou Capoeira

Au début j’ai tout quitté (un poste de gérente commerciale) en me disant que j’allais beaucoup m’entrainer à la capoeira, pour me remettre en forme et recommencer un travail. Et puis dans l’académie il y avait des cours de JJB alors pourquoi ne pas s’entrainer ? Alors, j’ai commencé sans grande volonté mais j’ai compris que j’avais quelques facilités, ce qui m’a rendu curieuse et j’ai pensé que si j’apprenais quelques techniques j’aurai du potentiel dans cette lute. En plus d’aimer concourir, c’est mon Professeur la ceinture noire Ricardo Mesquita (également professeur de capoeira du groupe Quilombola de Luz de Mestre Paulão) qui est une grande motivation pour moi. Il sait ce que je dois faire, comment je dois m’entrainer et même quand je crois que je ne vais pas y arriver… c’est lui qui a raison et j’arrive à me surpasser ! 

Même si cela fait peu de temps qui je fais du JJB je peux dire que c’est une passion, j’ai envie de progresser, de continuer les compétitions, je veux comprendre les techniques pour faire évoluer ma tactique, et je veux un jour devenir ceinture noire pour pouvoir dire que j’y suis arrivée, que c’est possible. Je pourrais alors influencer mes élèves en étant un exemple vivant.

De la même manière que la Capoeira m’aide dans le JJB avec des outils et de l’agilité, de la malice et du calme, il est vrai aussi que le JJB m’aide dans la capoeira, mais plus que ça, les deux on changé ma vie en y apportant plus d’assurance et de persévérance.

Vous-êtes vous  déjà servi de vos connaissances en JJB dans une roda ?

Maça Verde: Oui car en JJB nous travaillons nos postures pour être le plus ancré possible dans le sol, un jiujtsuka se remarque très vite lorsqu’il y a du corps à corps.

maça verde

© maça verde

Bien sûr des capoeiristes ne pratiquant pas de JJB s’entrainent au corps à corps également c’est une partie intégrante du jeu du capoeiriste. Mais moi j’ai le jiu jitsu brésilien pour m’entrainer.

Natália Dias FIU :Non, non, non, mille fois non!
Il y a dix ans de ça j’avais une autre vision du jeu de capoeira. J’allais seule à la roda de la place de la république, car mes frères CM Sidney et Professeur Arthur étaient trop jeunes, et mon père, maitre et fondateur du groupe était décédé, nous étions seuls sur la route.

© Sou Capoeira

© Sou Capoeira

A cette époque je pensais comme la majorité qu’il ne pouvait pas y avoir de jeu sans des « choutes » et des chutes. Mais quand je suis retournée à la même roda des années plus tard, les capoeiristes de Sao Paulo étaient plus unis. Et j’ai donc du réinventer mon jeu, la violence qui m’était imposée auparavant, je devais maintenant l’extraire pour donner place à la « vadiação ».

Je ne veux pas dire qu’aujourd’hui il n’y a pas de choutes ni de chutes mais cela arrive dans l’art de la malice que seule la capoeira connait. Beaucoup de pratiquants de la capoeira font d’autres arts, et certains, quand ils se voient en défaut, souhaitent utiliser des techniques de JJB comme armes pour gagner. Cela peut être très dangereux. Premièrement la Capoeira s’arrête à ce moment là, et deuxièmement tu ne sais pas ce que l’autre sait faire!

Je suis dans une lute constante pour prouver que les femmes dans la roda doivent avoir un jeu riche, jouer de l’Angola, du Jogo de dentro et aussi de la régional. Dernièrement ils ont fait des rodas de femmes (parce qu’ils veulent donner un « espace » aux femmes), ils mettent un Sao Bento de bombe à 300 km heure, et les jeux durs qui en sortent sont laids. Si je dois utiliser le jjb dans ces rodas, ce n’est plus la peine de faire de capoeira, je vais faire du jjb carrément, parce que là-bas j’aurai du mérite à gagner, au jjb il y a des règles, des tatami (rsrsrs) et même des prix selon les championnats.

Que penses tu de ce nouveaux style « capo-jitsu » qui a surgit depuis quelques années ?

Maça Verde: … hé bien il faut être ouvert (lol). Je ne connais pas très bien cette discipline, mais je suis un peu une puriste donc il ne faudrait pas tomber dans l’extrême et oublier l’essence de la capoeira où l’on peut voir un beau jeu développé avec des « questions-réponses » et pas seulement la recherche de cette confrontation qu’aurait peut-être un peu trop le style capo-jitsu…

maça verde

© maça verde

J’ai du mal à percevoir un art qui se joue debout et dont le but est, dans son essence, de donner un coup et d’esquiver, à un autre art opposé ou le travail est du corps à corps et se pratique 90% du temps au sol sur un tatami… Mais bon à voir…

Natália Dias FIU : Je suis totalement contre la mélange des deux arts, nous n’avons pas besoin de ça, nous sommes saturés d’influences extrêmes. La capoeira est a elle seule déjà complexe. J’ai l’habitude de dire que le jiujitsu c’est facile, tu arrives sur le tatami, tu t’entraine, tu ramasses pendant un temps et ensuite tu apprends et tu commences à mettre la technique en pratique, c’est juste ça.

Dans la capoeira tu dois t’entrainer pour les techniques, les gingas, les acrobaties, les rythmes, chanter, jouer des instruments, faire des jeux différents, concentrer l’énergie etc. C’est beaucoup de choses, alors pourquoi ajouter des mouvements inutiles ? La capoeira est complète, elle est belle, elle est fabuleuse !

natalia dias fiu

© Sou Capoeira

Après, si une situation extrême arrive dans la roda, une agression comme par exemple si on me tabasse ou m’étrangle, j’utiliserai des techniques pour me défendre, pour ne pas être blessée alors que quelqu’un essaie de me faire du mal.

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Caipora

Caipora Prononciation portugaise: [kajˈpɔɾɐ] est une entité de la mythologie TupiGuarani au Brésil . Le mot « Caipora » vient du tupi et signifie « habitant de la forêt ».

Il est représenté comme un petit Indien à la peau foncée, nu avec une très longue crinière noire, fumant un cigare et très malicieux. Parfois, Caipora est décrit comme une fille et d’autres fois comme un garçon. La représentation de la créature varie selon les régions du Brésil et est parfois confondue avec Curupira , une autre créature mythologique qui protège la forêt. Curupira est souvent décrit comme un garçon aux cheveux roux, qui a les pieds en arrière pour tromper les traqueurs.

Dans certaines régions, les tribus indigènes pensaient que les Caipora avaient peur de la lumière. Pour cette raison, ils se promenaient dans la forêt en se protégeant avec des braises. [1] Certains disent qu’il monte un bon pécari avec un bâton. Dans certaines autres régions du Brésil, le Caipora est considéré comme un cannibale et peut manger n’importe quoi, même les plus petits insectes.

Le Caipora est connu comme un habitant de la forêt, un roi des animaux, et est très vengeur des chasseurs qui ne respectent pas les règles du « fair-play » lors de la chasse. On raconte que cela effraie les proies et « cache » les traces d’animaux ou fait fuir les chasseurs dans la jungle. Il désoriente les chasseurs en simulant des bruits d’animaux et en laissant de fausses pistes.

Selon une croyance populaire, son activité s’intensifie les jours où la chasse n’est pas censée avoir lieu, donc les vendredis, les dimanches et les jours de culte. Les croyances religieuses interdisaient de chasser certains jours, mais certains ont prétendu pouvoir tromper le protecteur de la forêt. On sait que le Caipora aime la fumée, alors le jeudi soir, les chasseurs laissaient la fumée près du tronc d’un arbre et disaient «Toma, Caipora, deixa eu ir embora» [2] [3] (qui signifie «voilà») Caipora, laisse-moi partir « en portugais). La chance des chasseurs est également due aux dons de propitiatoire qui ont été offerts à la créature.

La Caipora , également appelée  » Caipora do Mato « , est une figure du folklore brésilien, considérée comme la protectrice des animaux et la gardienne des forêts.

Notez qu’il peut être représenté par un homme ou une femme. Cela varie en fonction de la région dans laquelle la légende est rapportée.

Son origine est dans la mythologie autochtone Tupi-Guarani. Du tupi, le mot « caipora » ( caapora ) signifie « habitant de la brousse ».

Quand elle sent qu’un chasseur entre dans la forêt avec l’intention d’abattre des animaux, elle laisse échapper des hurlements et des cris pour effrayer ces hommes.

Son intention est de prendre soin de ces animaux et de protéger l’environnement. La légende dit que leur force est plus grande les jours saints et les week-ends.

Le saviez-vous?

Dans le nord et le nord-est du pays, où cette légende a plus de représentation, ils utilisent ce terme pour dire que quelqu’un est malchanceux et malheureux.

Caractéristiques principales de Caipora

 

Caipora est un Indien nain, aux cheveux roux et aux oreilles pointues. Il existe des versions dans lesquelles votre corps est tout rouge et dans d’autres, vert.

Elle vit nue dans les forêts et a le pouvoir de dominer et de ressusciter les animaux. Son objectif principal est de défendre l’écosystème et donc de fabriquer des pièges et de semer la confusion parmi les chasseurs.

Par divers bruits, il distrait les chasseurs en leur offrant de fausses pistes jusqu’à ce qu’ils se perdent dans la forêt.

 

Légende de la caipora

Monté sur un cochon sauvage, le dais se promène nu dans la forêt et domine tous les animaux.

Selon la légende, il attaque les chasseurs qui ne respectent pas les accords de chasse conclus avec lui. Comme Curupira, dont il a la parenté, sa mission est de protéger les animaux de la forêt.

Manière d’agir

Selon la légende, le Caipora est la terreur des chasseurs qui chassent au-delà des besoins.

Le Caipora utilise toutes ses connaissances de la vie en forêt pour fabriquer des pièges pour les chasseurs, détruire leurs armes et frapper les chiens de chasse. La canopée effraie les chasseurs en reproduisant les sons de la forêt et modifie les sentiers pour que les chasseurs se perdent dans la forêt.

La légende raconte que les dimanches, vendredis et jours saints, le Caipora agit plus fortement et plus intensément.

Une façon d’échapper à l’action du Caipora est de vous offrir de la fumée de corde et d’autres cadeaux, qui devraient être laissés près du tronc d’un arbre, de préférence un jeudi. Même dans ce cas, rien ne garantit que le Caipora n’agira pas, car ils disent que cela peut être perfide.

Usages du mot « Caipora » et de ses dérivés

Dans le nord-est du Brésil, on dit qu’être Caipora signifie que vous traversez des moments difficiles, avec malchance et malchance.

Certains écrivains brésiliens, parmi lesquels Machado de Assis et Aluísio de Azevedo , ont utilisé les mots « Caipora » et « Caiporism » pour identifier un état de malheur.

Le mot « Caipora » a également été utilisé pour décrire les esclaves qui s’étaient échappés dans les forêts. [6]

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Entretien avec Peter BROOK par Claude CHALANGUIER Espace de recherche, Vie artistique et culturelle Université Lumière Lyon 2 Reliance n°10 juin 2003Entretien avec Peter BROOK par Claude CHALANGUIER Espace de recherche, Vie artistique et culturelle Université Lumière Lyon 2 Reliance n°10 juin 2003

© GAILLARDET Rosalie
“ Chez eux, je perçois avec émotion l’urgence du geste, l’importance du temps, du son, de la couleur, et par-dessus tout, les interrogations entre le dedans et le dehors, entre l’évidence des corps et la parole incertaine”

Dans le cadre de ma formation d’Educatrice spécialisée, je suis amenée à rédiger un mémoire pratique. Ce projet répond à mes missions en tant que travailleuse sociale, à savoir favoriser l’épanouissement, la progression et l’autonomie des personnes accompagnées.

j’ai eu la chance de pouvoir utiliser ma passion comme outil au sein de mon travail.  Je dois dire que les structures ont été ouvertes à cette proposition un peu décalée, ce qui a été une grande source de joie et d’envie pour moi, que j’espère avoir transmis aux équipes avec qui j’ai travaillé et bien sûr aux usagers.

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