Angoleiros Do Mar Paris

 Un article de Pierro à Velo (GPS), Lyon, Nouveau contributeur SouCapoeira!

CM Fubuia
© Alice mignel ba

Les festivals commencent souvent par des rencontres ou des voyages…

Pour ma part, la première fois que j’ai reçu un cours par C.M. Fubuia,

c’était en 2014 à l’occasion du Festival Malungada qui a lieu à Paris chaque année au mois de Décembre.

Je me souviens avoir pensé que je m’étais trompé de niveau (débutant, intermédiaire, avancé) après quelques minutes dans le cours donné par Fubuia. Après vérification autour de moi, nous étions bel et bien toutes et tous plus ou moins débutants. Le rythme de l’échauffement était intense, Fubuia enchaînait les mouvements sans sourciller.

malungada
© Ratazana malungo

Intense également dans la complexité des mouvements – negativa-troca-negativa-queda de rins-negativa-rolê. Moi qui étais habitué à courir, monter les genoux et faire des pas chassés... A la sortie de ce cours, j’avais mal partout, je crois que je n’avais pas ressenti cela depuis mon premier festival de capoeira.

Direction Paris

Cette année, c’était les 10 ans du Festival Angoleiros Do Mar organisé par C.M Fubuia sous la direction de Marcelo Angola, maître fondateur du groupe. Jusqu’à présent, je n’avais jamais été dans une rencontre de Capoeira Angola. Plusieurs amis avaient prévu d’y aller et d’autres y avaient été les années précédentes. 

ADM
© Gab Motoqueiro

Entre mes envies de découvrir de nouvelles façons de jouer la capoeira, mes amis qui m’ont parlé en bien de ce festival et la possibilité de monter en bus de nuit pour Paris, hop, hop, hop j’ai pris mon billet et je suis parti de Lyon, direction Paris 20e – Gymnase de la Bidassoa.

L’arrivée à Paris est glaciale, le froid est sec, le mercure est coincé sur le zéro et surtout il est 5h du matin. Il me reste donc 5h à tuer avant le début du festival. Un café à 2,60 euros

CM Fubuia
© Alice mignel ba

(j’avais oublié que l’eau coûtait plus cher à Paris) et une chocolatine en guise de petit déjeuner, quelques réponses à des mails et voilà qu’il est temps de me rendre au 25 rue de la Bidassoa. Je suis accueilli par Celestinha, on partage une clope, on discute, elle commence tout juste la capoeira et connaît très bien une amie capoeiriste de Montpellier. Cela a beau être mon premier festival de Capoeira Angola, dès mon arrivée, je ne suis pas dépaysé : dans la capoeira, tout le monde connaît tout le monde !!

Nouveautés

Premier étonnement en rentrant dans le gymnase, je ne vois pas d’abada blanc, beaucoup de jeans noirs, quelques pantalons de survêtements, quelques treillis, quelques abadas mais qui ne sont pas blancs. Où sont donc passés les pantalons immaculés de Mestre Bimba ?

Deuxième étonnement, une majorité de femmes et filles sont inscrites à ce festival.

Sergio Demorais
© Sergio Demorais

Les hommes sont en minorité, répartition que je n’avais encore jamais vu en cinq années de capoeira.

Troisième étonnement avant que le premier cours ne commence, je ressens moins cette différence que j’ai vécu à plusieurs reprises dans des festivals de

Capoeira Régionale, celle entre les élèves et les gradés, qui plus est, les maîtres. Je ne sais pas si cela vient de l’absence de corde ou d’abada blanc, mais je trouve la hiérarchie moins présente visuellement parlant.

La tradition

Après le cours d’ouverture de Mestre Luanzinha, des rodas multiples d’une douzaine de personnes sont organisées. Les jeux commencent et je me rends compte rapidement qu’ici le temps est laissé aux capoeiristes pour développer leur jeu. Pas de précipitation, pas de fil d’attente à l’entrée de la roda, peu de professeurs ou maîtres qui rentrent dans la roda par n’importe quel endroit sans crier gare.

capoeira-w-teczy
© capoeira-w-teczy

Depuis mes premiers pas dans la capoeira, on m’a répété à maintes reprises que la tradition voulait que l’on achète le jeu avec le plus gradé des deux capoeiristes. Je vais avoir l’occasion de vérifier que cette tradition est également présente dans la capoeira Angola. Lors d’une ronde, j’ai l’opportunité de rentrer. Je fais signe que je souhaite jouer avec l’une des deux personnes et là quelqu’un dans la roda me dit : « Eh !! C’est avec le Mestre que tu dois jouer ! » D’accord, mais comment je le reconnais sans corde, ni abada ? Aujourd’hui, je me demande encore d’où vient cette tradition d’acheter le jeu avec le plus gradé alors que le discours de la plupart des professeurs et maîtres va dans le sens d’une égalité entre les capoeiristes. Pourquoi tant de différence entre le discours de certains maîtres fondateurs et les pratiques dans la roda ?

Questionnement

Le dimanche, Mestre Perna (Irmaos Guerreiros) donne un cours aux plus avancés, cours auquel j’assiste avec mon niveau qui n’est pas si avancé que cela. Le cours est d’une intensité que je n’avais connue jusqu’à présent que dans les cours de…

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© Alice mignel ba

Mestre Perna, au festival Malungos de Bayonne. Ce Mestre enchaîne des mouvements d’une intensité et d’une complexité qui met en difficulté certains des plus avancés. Ce cours m’amène à deux réflexions. D’une, les mouvements se succèdent et suit qui peut. Il est d’ailleurs amusant d’observer les visages des participants et de se rendre compte à quel point le cours demande une réflexion sur les enchaînements.

De deux, le modèle d’enseignement est basé sur la transmission par l’exemple : je fais – tu reproduis. Il n’y a pas, ou peu, d’explication. L’enchaînement des mouvements n’est que peu décomposé, voire pas du tout.

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© amelie-morena-arte-negra

Cela amène donc la plupart d’entre nous à nous questionner pour comprendre et à partir du principe que l’on sortira de ce cours en ayant peut-être pas tout compris…et pourquoi pas ?

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